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We Have Band réunit 3 amis, Darren Bancroft et le duo que forment Thomas et Dede Wegg-Prosser sur la scène comme à la ville. Ils se sont rencontrés dans un label pour lequel ils travaillaient, qu’ils ont ensuite quitté pour former un groupe, jouer à Glastonbury, sortir un album qui a reçu les louanges de la critique du NME à Dazed & Confused, et tourner dans le monde entier. Rien de bien compliqué jusque là.
Pourtant malgré les louanges dont il faisait l’objet, le groupe n’était pas pleinement satisfait. Au départ le but de cette formation était simplement de s’amuser un peu sans se soucier de savoir si quelqu’un s’intéresserait un jour à leurs chansons. Mais cette fois, après la sortie de WHB, la situation était différente.
Darren : La réalisation de cet album a été totalement différente de celle du précédent. Nous venons de passer deux ans à parcourir le monde. Nous avons eu la chance de pouvoir jouer dans toute l’Europe, en Australie, en Amérique du Nord et du Sud. Dès le départ nous savions donc que cette fois des gens allaient écouter ce disque et que nous serions amenés à le jouer pendant un certain temps.
Dede : Avec notre premier album nous avions juste essayé de faire quelque chose ensemble en s’amusant. On ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il suscite de l’intérêt, ni même que des gens aient envie de venir nous voir sur scène. Cette fois-ci en revanche on savait que notre disque allait être écouté, notre état d’esprit était donc très différent.
Donc, même si WHB avait été un succès, le groupe ne souhaitait pas du tout réitérer la même formule. Thomas avait déjà commencé à écrire de nouveaux morceaux en tournée, avec son ordinateur portable dont il se servait comme d’une sorte de studio mobile, et avec lequel il pouvait travailler n’importe où. Entre temps, avec plus de 130 concerts par an, le groupe expérimentait les hauts et les bas de la vie en tournée avec un emploi du temps harassant, qui a épuisé au moins 2 tour managers, mais a fourni également la matière pour ce qui allait devenir leur second album, ‘Ternion’.
Darren : Parfaitement conscients de la place de notre premier album, dont nous étions pourtant satisfaits, nous avions envie d’autre chose. En écrivant on savait qu’on avait une tâche à remplir ; il fallait réaliser un disque différent. Le fait d’être perçu comme un groupe qui fait beaucoup parler de lui ou un groupe électro, ça ne nous dérangeait pas, mais il était néanmoins clair pour nous qu’il fallait évoluer.
Une évolution qui impliquait de changer radicalement la manière d’aborder l’écriture du nouvel album. De la musique jusqu’aux paroles le trio a souhaité créer quelque chose d’intemporel en commençant par se pencher sur les dernières expériences qu’ils avaient partagées au moment où leur carrière a décollé. Il en résulte un disque très différent, profondément personnel, à la fois stimulant et mélancolique.
Les paroles parfois légères ont laissé place à des témoignages francs et honnêtes sur leurs relations, leurs difficultés à trouver un sens au monde qui les entoure et les effets, tant sur le plan physique qu’émotionnel, de la vie en tournée. En se mettant à nu au travers de chansons comme ‘What’s Mine, What’s Yours’ le groupe se révèle sous un nouvel aspect.
Darren : ‘What’s Mine, What’s Yours’ évoque une rupture. Lorsqu’on voyage, qu’on est sur la route, les relations de couple sont mises à rude épreuve. La chanson évoque la fin d’une relation qui est née et s’est éteinte au cours de la vie du groupe. Mais c’est aussi une jolie chanson. J’ai toujours eu envie d’écrire une chanson sur quelqu’un qui l’écouterait ensuite. Je me sentais suffisamment en confiance pour le faire. Parfois il faut se contenter d’écrire ce que l’on a en nous, certaines choses sont tellement importantes qu’on ne peut rien écrire d’autre tant qu’on ne s’en est pas débarrassé.
L’expérience de cette vie en tournée a engendré pour le couple au sein du groupe des pressions qu’il n’avait pas vécues auparavant et qu’ils ont souhaité évoquer dans ‘Steel In The Groove’ et le titre qui clôture l’album ‘Pressure On’.
Thomas: ‘Steel Is In The Groove’ est probablement la chanson de cet album qui parle plus particulièrement de Dede et moi, de ce que nous vivons dans notre relation. Nous sommes ensemble 24h sur 24; sans cesse en déplacement et en tournée, mais nous avons toujours travaillé ensemble depuis le premier jour où nous nous sommes rencontrés et c’est très bien comme ça. Dede: ‘Pressure On’ explique de quelle manière lorsque j’étais en tournée, mon corps et mon esprit se sont progressivement habitués à se passer de sommeil. J’essaye de montrer comment je fais pour vivre avec cette situation, ce qui n’a pas toujours été facile. Parfois il faut juste attendre le lever du jour et Thomas est toujours là à mes côtés pour m’aider.
Une fois la tournée terminée et avec la moitié des titres écrits, le groupe s’est retiré à Hereford pour finir de travailler sur le nouvel album. Loin de Londres et sans se soucier d’une appartenance à une scène quelconque le groupe a trouvé un nouveau son. Tandis que chaque titre prenait forme avec de plus en plus d’instruments live, l’album a commencé à se déployer.
Thomas : Le premier album était vraiment très numérique, conçu vite, morceau par morceau, dans un style très urbain. En l’écoutant on peut facilement repérer quand il a été enregistré et à quelle scène il appartient. Cette fois ci comme nous avons commencé assez tôt, nous avons eu le temps de travailler, de prendre du recul et de chercher ce qu’il fallait pour cet album, et surtout les choses à éviter. Au final nous avons enregistré dix titres. Certains étaient plus pop et accessibles que d’autres, mais dès le départ nous voulions qu’ils forment tous un album.
Enfin, une fois que la structure de l’album était en place, le groupe a rejoint Luke Smith, ex-membre de Clor et producteur de Foals dans son studio Flesh and Bone à Londres dont l’équipement analogique a insufflé davantage de chaleur au projet. Grâce à sa détermination, Luke a su pousser le groupe pour qu’il trouve le bon son.
Darren : Luke nous a poussés énormément. Le gros son d’orgue sur le titre d’ouverture, Thomas a travaillé dessus pendant des lustres mais Luke lui répétait sans cesse : “Non, ce n’est toujours pas ça”. Et il n’arrêtait pas de nous dire : “Quand ce sera bon vous le sentirez”. Il nous a fait chanter ensemble, danser dans le studio. Cet enregistrement nous a amenés à nous lancer dans des tas de performances et à déployer beaucoup d’énergie.
Thomas : En travaillant avec Luke tout a commencé à prendre forme. Nous avions bien avancé au niveau de la production, mais c’était agréable d’avoir quelqu’un avec un regard neuf qui pouvait apporter cette touche supplémentaire là où il fallait. Le simple fait d’utiliser du matériel analogique, de prendre le temps de trouver le bon son de basse plutôt que de chanter tous ensemble sur un même micro dans notre chambre, ce genre de choses. Tous ces facteurs ont vraiment contribué à l’ensemble.
Ceux qui s’attendent à un WHB tome 2 seront surpris. Si beaucoup des éléments qui ont fait la force du premier opus sont toujours là, surtout l’interaction entre les voix des 3 membres du groupe, ce nouvel opus se démarque du précédent. Souvent taxé de se protéger derrière leurs influences, cette fois on peut dire qu’avec ‘Ternion’, We Have A Band a trouvé un son unique bien à lui.
Thomas : Nous sommes parvenus à faire ce que nous voulions. Et nous sommes ravis, à tel point que peu importe la manière dont ce disque sera accueilli. Nous savons que nous avons fait du bon travail.
Dede : Nous sommes fiers de cet album. Comme l’a dit Darren il y a beaucoup de nous-mêmes et de nos vies intimes à tel point qu’il fait partie de nous. Notre premier album était dans l’air du temps, mais nous pensons que celui-ci sonnera toujours bien dans 10 ou 20 ans.
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